Les examens complémentaires sur le sperme

En fonction des résultats du spermogramme ou des premiers traitements effectués, votre médecin sera peut-être amené à demander des examens complémentaires sur le sperme.

Test de vitalité

La vitalité des spermatozoïdes est définie comme étant le pourcentage de spermatozoïdes vivants dans un éjaculat.

Il est intéressant de l’estimer, surtout en cas de diminution importante de la mobilité. Ceci permet alors de voir si cette diminution est due à un pourcentage anormalement élevé de spermatozoïdes morts (peut-être lié à une abstinence sexuelle trop longue) ou à un réel problème de mobilité des spermatozoïdes, qui seraient vivants mais présenteraient des défauts de mobilité.

L’analyse de la vitalité des spermatozoïdes se fait lors de tout spermogramme classique. Cette analyse ne demande donc pas de prélèvement supplémentaire.

Photo 113Recherche d’une infection dans le sperme

La présence de virus ou de bactéries dans le sperme est fréquente. L’état général d’un patient peut être bon malgré la présence d’un agent pathogène en faible quantité dans une partie du corps.

Par contre, l’impact de ces pathogènes est cliniquement significatif sur la qualité du sperme –et donc sur la fertilité – si ceux-ci se trouvent dans le tractus génital de l’homme (glandes annexes,…). C’est la raison pour laquelle il vous est demandé de bien vous laver la verge avant d’effectuer le prélèvement de sperme, de manière à ne pas contaminer ce dernier avec ces germes extérieurs au corps et non présents à l’origine dans le sperme (voir : conditions de prélèvement du sperme).

Si le résultat de l’analyse bactérie était positif, le médecin pourra prescrire des antibiotiques nécessaires pour guérir l’infection. Cette analyse ne demande pas de prélèvement supplémentaire à celui réalisé pour le spermogramme.

MAR-test

Les cellules de la lignée germinale et en particulier les spermatozoïdes sont, au niveau du testicule et des canaux permettant l’excrétion du sperme, physiquement séparés des vaisseaux sanguins et donc des cellules sanguines capables de reconnaître les agents pathogènes et de produire des anticorps.

L’absence de contact en temps normal entre spermatozoïdes et système immunitaire implique donc que si un jour ce contact se produit (par exemple lors d’un traumatisme du testicule provoquant une rupture de la barrière entre spermatozoïdes et sang), les spermatozoïdes sont reconnus comme un corps étranger par le système immunitaire qui va alors développer des anticorps…

Les anticorps se retrouvent alors dans le liquide séminal et peuvent provoquer une agglutination des spermatozoïdes, une immobilisation plus ou moins importante, ou simplement se lier à la surface de ceux-ci. Tout ceci peut avoir une action néfaste sur la capacité du spermatozoïde à féconder un ovocyte.

Le but du MAR-test est la détection de la présence de ces anticorps à la surface des spermatozoïdes. Le MAR-test peut donc être demandé lors d’un spermogramme classique. Cette analyse ne demande pas de prélèvement supplémentaire à celui réalisé pour le spermogramme.

Ejaculation rétrograde

L’asémie se définit comme l’absence de sperme lors d’un orgasme masculin. Cette absence peut avoir pour origine une opération médicale au niveau pelvien, la prise de certains médicaments, la présence d’un diabète ou d’une neuropathie.

Le diagnostic est suspecté lorsqu’un patient se plaint d’un volume inhabituellement faible de sperme lors de l’éjaculation voir d’orgasmes sans éjaculation.

Lorsqu’une éjaculation rétrograde est suspectée, la recherche des spermatozoïdes peut être effectuée sur un échantillon d’urine récoltée tout de suite après l’éjaculation.

Le principal problème pour la survie des spermatozoïdes est la composition de l’urine qui peut être toxique pour eux. Après récupération de l’urine, l’échantillon est lavé et centrifugé directement pour récupérer les spermatozoïdes et leur enlever cet environnement délétère. Ils pourront ensuite être utilisés pour réaliser le plus souvent une fécondation in vitro.

Photo 114Test post-vasectomie

La vasectomie est une technique chirurgicale de stérilisation volontaire dans un but contraceptif. Cette intervention, simple et rapide, consiste en l’obturation ou la section les canaux déférents qui acheminent les spermatozoïdes du testicule au canal d’éjaculation.

La vasectomie n’assure cependant pas une stérilisation immédiate. De nombreux spermatozoïdes sont encore présents dans le canal d’éjaculation pendant plusieurs semaines. Il importe donc d’observer des pratiques contraceptives jusqu’à ce qu’un spermogramme de contrôle révèle l’absence de spermatozoïdes dans le sperme.

Ce spermogramme est en général réalisé 3 mois après l’intervention mais doit parfois être répété pour s’assurer de l’absence totale de spermatozoïdes dans l’éjaculat.

Lavage test

Lors d’un spermogramme classique, il peut arriver qu’aucun spermatozoïde mobile ne soit retrouvé. Un examen plus approfondi par « lavage test » ou examen « en micro gouttes » peut alors être demandé. Lors de cet examen, le sperme va être centrifugé et examiné plus en profondeur pour essayer de trouver des spermatozoïdes mobiles. Le but de cette analyse est d’évaluer la possibilité d’effectuer une fécondation assistée des ovocytes (ICSI) avec les spermatozoïdes observés. Il faut donc détecter des spermatozoïdes mobiles, mais également vérifier s’ils ne sont pas tous englués dans des agrégats, et s’ils n’ont pas une morphologie empêchant leur utilisation. Si des spermatozoïdes mobiles sont retrouvés, ils pourront être congelés en vue d’une utilisation ultérieure en fécondation in vitro.

Fragmentation et décondensation de l’ADN des spermatozoïdes

Des études récentes ont montré qu’un sperme considéré comme normal lors d’un spermogramme classique pouvait présenter d’autres troubles liés à la qualité du matériel génétique (l’ADN) de ses spermatozoïdes.

La qualité de l’ADN du spermatozoïde a une influence sur le développement embryonnaire plus tardif. Une mauvaise qualité de cette ADN pourrait être liée à des échecs d’implantation répétés ou des fausses couches récurrentes.

Ces analyses peuvent donc être prescrites par un médecin en cas d’échecs répétés d’obtention d’une grossesse lors de traitements de fécondation in vitro. En cas de mauvaise qualité, le médecin peut orienter les patients vers une nouvelle technique de fécondation in vitro qui s’appelle l’IMSI.

En pratique

  • Ces tests complémentaires ne peuvent faire que sur prescription médicale (« Demande d’analyse de sperme et/ou de congélation ») et sur rendez-vous.
  • Téléphoner au CPMA (+32 4 2256575) pour obtenir un rendez-vous. Précisez clairement le type de test demandé par votre médecin (certains tests ne se réalisent que dans des plages horaires déterminées)
  • Afin de réaliser le prélèvement dans les meilleures conditions, il vous est conseillé de :

    -rester au minimum 2 jours, au maximum 3 jours sans avoir d’émission de sperme (rapports sexuels ou masturbation)

    -uriner avant de réaliser la collecte de sperme

    -se laver les mains et la verge (des compresses et une solution désinfectante vous seront fournies par le laboratoire)

    -préchauffer le flacon dans les mains

    -récolter par masturbation la totalité d’un seul éjaculat, directement dans le flacon (sans l’intermédiaire d’un préservatif).
  • Idéalement, le prélèvement doit se faire au laboratoire où un local sera mis à votre disposition. Le laboratoire de spermiologie du CPMA est situé salle 46, 4ème étage de l’hôpital de la Citadelle (Salle 46, suivre le fléchage « laboratoire spermiologie »…de sympathiques spermatozoïdes vous y conduisent !)
  • Les résultats complets de ces tests peuvent demandés plusieurs semaines de délai.